DinoGenics: vous avez créé des raptors ?

Aujourd’hui, j’ai décidé de me livrer à un exercice que je m’étais gardé de faire jusqu’à maintenant : vous livrer un avis à chaud sur un jeu après une seule partie. Jusqu’à maintenant, tous les articles sur les jeux de société que j’avais rédigé portaient sur des titres auxquels je m’étais adonné à de nombreuses reprises (et dont je suis l’heureux possesseur pour ne rien vous cacher). Je fais une première entorse à la règle, car j’ai eu l’occasion d’essayer un jeu qui me faisait drôlement envie ces derniers jours.

Si vous êtes un(e) lecteure/lectrice habitué(e) de ce blog, vous savez que je suis un fanatique de dinosaures, ainsi que des films Jurassic Park. Je ne pouvais donc pas rester de marbre devant le jeu DinoGenics, issu d’un kickstarter anglophone et dont les boîtes ont été livrées aux backers français il y a quelques jours. En ce qui me concerne, je n’ai jamais participé à un financement participatif, mes finances et mon manque de patience ne me le permettant guère. Toutefois, le bar à jeu parisien Meeple Café, situé dans le 15e arrondissement, avait fait savoir sur les réseaux sociaux cette semaine que le fameux jeu était disponible chez eux. Je me suis donc empressé de recruter trois amis pour aller l’essayer, ce que nous avons fait ce soir.

Alors donc, qu’est-ce que DinoGenics ? J’évoquais les films Jurassic Park plus haut, il s’agit exactement de cela : un jeu de placement d’ouvrier de 1 à 5 joueurs où chacun essaiera de développer son parc jurassique le plus prestigieux possible, dans une course aux points. Précisons que je ne suis habituellement pas très amateur de la catégorie placement d’ouvriers. J’allais donc à la découverte de ce jeu happé par sa thématique et son matériel, mais un peu inquiet quant à son gameplay.

Après avoir terminé cette première partie, je peux le dire : il m’a bien accroché (ainsi que mes camarades de jeu que je salue). Pourtant, au départ, ce n’était pas gagné, puisque nous avons mis un peu de temps à le mettre en place et décortiquer ses règles. Il faut dire que si le matériel du jeu est en anglais, il propose un livret de règle en français en sus de celui dans la langue de Shakespeare. Cependant, au bout d’un petit moment, nous avons été obligé de constater que la traduction française était plutôt perfectible, modifiant souvent le sens du texte initial, le rendant peu compréhensible, ce qui nous a longtemps perdu. Une fois que nous avons basculé sur les règles anglaises, cela allait tout de suite mieux.

Je ne vais pas présenter toutes les règles du jeu, mais en brosser les grandes lignes : une partie se joue en 7 saisons (7 manches), chacune se découpant en 2 parties. Dans la première, nous mettons en place les éléments de la saison en cours, en veillant notamment à actualiser l’ordre des joueurs en fonction de la popularité des parcs, ce qui va avoir une influence sur le nombre de visiteurs se rendant dans les hôtels de chaque île. Puis arrive la phase de placement d’ouvriers proprement dite, celle qui constitue le cœur actif du jeu. C’est là qu’à tour de rôle, chacun pourra effectuer ses actions en posant un de ses ouvriers sur une case vide d’un des différents lieux du plateau central. Ainsi allons nous pouvoir récupérer des cartes d’ADN de dinosaures, ajouter des barrières afin de créer des enclos, construire des installations dans le parc procurant différents effets bonus, ou bien sûr ajouter de nouveaux dinosaures une fois le nombre de cartes ADN requises atteint. Après que tous les ouvriers ont été placés, arrive alors l’intersaison, où les joueurs vont collecter des points de victoire en fonction du nombre de visiteurs présents dans le parc, ainsi que la présence des dinosaures.

Je vais m’attarder un peu sur ces chères bestioles, l’élément maître du jeu : celles-ci procurent à la fois des points de victoire, ainsi que de la réputation. Au nombre de 8 espèces différentes, chacune à sa spécificité impactant la façon de jouer. Afin d’être entièrement satisfaits, elles exigent le plus souvent un enclos qui leur est réservé, et à la taille adaptée. Toutefois, et c’est là le sel du jeu, rien n’empêche les joueurs de placer un dinosaure sans respecter ses exigences d’habitat. Mais en agissant de la sorte, l’animal provoquera potentiellement un ravage à son arrivé dans le parc, ainsi qu’à chaque intersaison tant que ses conditions de satisfaction ne seront pas remplies. On lance alors un ou deux dé(s) selon l’espèce en question afin de connaître les conséquences. Ils pourront ainsi détruire une barrière ou bien une installation s’ils sont en liberté, quand ils n’iront pas carrément tuer un visiteur. Ce qui donne alors un point de scandale au joueur concerné.
Ces points de scandale peuvent faire perdre un grand nombre de points en fin de partie, et certains emplacements d’ouvriers et cartes pourront également en procurer. Heureusement, il est possible de les supprimer en se rendant à l’Agence (bien sûr) sur le plateau central. Mais pour en revenir à nos ravages de dinosaures, il existe également une petite chance que l’incident soit évité en tombant sur la bonne face de dés, et dans un tel cas, les visiteurs sont tellement satisfaits du spectacle qu’ils vous donneront carrément un bifton bonus !

En vérité, dans notre partie, personne n’a créé une situation de ravage saurien. Cela ne m’étonne pas : dans une découverte du jeu, il est vraisemblable que chacun joue prudemment. Pour autant, il est certain que cette mécanique n’est pas à ignorer : afin de faire un beau boost de points, il peut être intéressant de prendre le risque de subir un ravage désastreux, en plaçant rapidement ses dinosaures sans respecter toutes leurs contraintes.

DinoGenics reste un jeu tout à fait accessible, car il n’exige pas de jongler entre un grand nombre de ressources différentes : l’argent permet d’acheter des installations, des barrières, ou de l’ADN spécifique au marché. Les cartes ADN permettent de créer les dinosaures. Les espèces carnivores exigent d’être nourries avec des chèvres (tient, cela rappelle quelque chose). Et c’est tout. Les tours s’enchaînent de manière assez fluide, sans qu’il soit nécessaire de cogiter des heures durant afin d’en planifier trois à l’avance pour jongler entre différentes ressources de manière optimale.

De plus, on sent une grande capacité de renouvellement des parties, grâce aux installation qui permettent de spécialiser son jeu via certains effets passifs et avantages supplémentaires, mais aussi des cartes au pouvoir unique procurant des effets potentiellement très intéressants quand jouées au bon moment. Sans compter les événements qui arrivent à chaque saison (et sont annoncés un tour à l’avance afin de s’y préparer), affectant la partie de manière positive ou négative. Le seul bémol que je note, c’est la part de hasard dans la pioche des cartes d’ADN, qui peut avoir une influence plus ou moins grande sur la capacité des joueurs à créer facilement ou non de nouveaux dinosaures. Rien de dramatique toutefois. Il existe différentes manières de s’adapter. Ne serait-ce qu’avec la création de dinosaures mutants, qui n’exigent pas de cartes identiques pour être créés, à la différence des autres.

Enfin, je n’ai pas parlé du matériel. Celui-ci est superbe, et joue pleinement dans le plaisir ludique : en plus des très chouettes illustrations des cartes rappelant forcément la saga tutélaire, ainsi que du grand plateau central tout aussi joliment illustré, chaque joueur possède son propre plateau individuel avec des emplacements creux prévus afin d’ajouter facilement ses barrières et installations de manière parfaitement calée. C’est épais, et c’est top. Et cela devient parfait quand on y ajoute les dinosaures : chaque espèce est représentée par un pion en bois à son effigie, ce qui donne littéralement vie à son parc. Et de nous retrouver en cours de partie à créer de petites saynètes en imitant les cris des dinos et des chèvres quand ces malheureuses servent de repas… Plaisir régressif et amusement garantis autour de la table.

Avec son mode de financement participatif, je ne sais pas s’il est prévu que le jeu sorte en boutique, ne serait-ce qu’en version anglaise. Je l’espère, car je serais ravi de me le procurer. En tout cas, il a pour moi un excellent goût de reviens-y afin de creuser ses possibilités grâce à ses nombreux éléments qui apporte visiblement une belle rejouabilité à l’ensemble. Et puis, comment ne pourrais-je pas avoir envie de rejouer les Hammond en herbe ?

P.S. : réussir à rédiger l’article sans écrire une seule fois « J’ai dépensé sans compter » : mission accomplie. Ah, attendez…

Mise à jour de septembre 2020 : depuis la rédaction de cet article, le titre a effectivement été localisé par chez nous, grâce à l’éditeur La Boîte de Jeu. Si les plateaux individuels ne sont plus en carton épais, cette version semble rester quasi-identique à celle du financement participatif, vous pouvez donc vous faire plaisir !

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