Conspiracy – Abyss Universe : une petite boîte qui a tout d’un futur hit

La fin d’année est toujours marquée par un grand nombre de sorties dans le monde ludique, et le jeu de société n’y fait certainement pas exception, avec les préparatifs de Noël et le salon allemand d’Essen, la grande messe du jeu de société européen. Parmi ces sorties, l’une d’entre elle m’intriguait grandement : un jeu qui tiendra dans une petite boîte et sera vendu à un prix mini à sa sortie fin novembre, à savoir Conspiracy: Abyss Universe. Il y a quelques semaines, son éditeur Bombyx a fourni à différents magasins de l’hexagone une version prototype du jeu quasiment définitive. Je me suis donc rendu à la boutique parisienne Robin des Jeux afin d’essayer cette dernière lors de leur soirée jeu hebdomadaire du mardi.

Comme le nom peut le laisser deviner pour les connaisseurs, Conspiracy, conçu par Bruno Cathala et Charles Chevallier se passe dans le même univers que l’une de leur précédente création, je parle évidemment d’Abyss. Il se trouve que j’ai une relation un peu particulière à ce dernier. Sur le plan visuel, je le trouve superbe, ses illustrations figurent pour moi parmi les plus belles dans le milieu du jeu de société, grâce à l’incroyable travail réalisé par Xavier Collette. En fait, quand je vois les cartes et les couvertures créées, je trouve l’ensemble tellement fascinant et original que je rêve de pouvoir mieux connaître cet univers, sous forme d’une bande dessinée par exemple. Cependant, j’ai longtemps lu des avis assez mitigés sur le jeu, si certains ont beaucoup apprécié -et celui-ci a manifestement été un succès, puisqu’il s’est vu compléter de 2 extensions- d’autres trouvaient sa jouabilité un peu terne. Il s’est donc écoulé beaucoup de temps avant que je l’essaye enfin, et je dois dire qu’après la partie découverte que j’avais effectuée, j’étais bel et bien rangé au second avis. Abyss est superbe, c’est indéniable, en revanche, en matière de plaisir ludique, si le jeu n’était pas mauvais, il ne m’avait pas spécialement accroché. Comment dire ? Il m’avait paru à la fois relativement limité tout en étant un peu alambiqué dans ses mécaniques d’enchère, peu intuitif.

Pour autant, si le jeu initial ne m’avait pas accroché tant que cela, sa proposition éditoriale, elle, me plaisait toujours. Aussi, quand j’ai appris que ses auteurs travaillaient sur un nouveau jeu, se situant dans le même univers, et avec des règles plus compactes, j’étais forcément intrigué par ce nouveau projet. Lorsque les premières illustrations furent révélées, j’ai été piqué au vif : certes, Xavier Colette avait cédé sa place à un nouvel illustrateur, Pascal Quidault, pour autant celui-ci a parfaitement réussi à rendre ce qui faisait la singularité du jeu originel sur le plan graphique, que ce soit en terme d’ambiance ou de couleurs.

Bref, ce soir j’ai enfin pu essayer cette nouveauté, en compagnie de 3 autres joueur, dont un avait essayé son grand frère et avait un avis sensiblement identique au mien. Et là, le résultat fut sans appel : après notre partie découverte, tous autour de la table, nous furent convaincu par le jeu. Alors, comment cela fonctionne ce Conspiracy ? Comme je le disais plus haut, on y retrouve l’esprit de son prédécesseur, mais avec des règles et un jeu plus rapide.

L’objectif est toujours de marquer le plus de points possibles en recrutant différents sénateurs, répartis en 5 familles sous-marines de couleurs différentes. Ainsi dans la boîte trouve-t-on 2 types de cartes : les personnages précédemment évoqués, ainsi que des lieux qui pourront leur être liés. La grande force de Conspiracy, c’est la simplicité de ses règles : à son tour de jeu, il va falloir ajouter au moins un sénateur dans son camp, en procédant de l’une des deux manières possibles :

  1. En piochant de 1 à 3 cartes : on en garde alors une seule parmi toutes celles piochées pour l’ajouter à sa collection, la/les autre(s) part(en)t alors dans la défausse, face visible, répartie en 5 piles, chacune correspondant à l’une des 5 couleurs politiques du jeu.
  2. Ou bien, en récupérant toutes les cartes d’une même couleur dans la défause commune.

Et voilà, simplement avec cette règle, vous avez ici la mécanique principale parfaitement accessible du jeu. Ajoutez à cela différents pouvoirs et mécaniques de points liés aux personnages dont la valeur se répartit de 0 à 6 points dans chaque famille, chaque chiffre étant lié à une capacité identique. Ainsi, non seulement gagnera-t-on des points pour le sénateur de plus haute valeur de chaque couleur, mais aussi grâce aux lieux que l’on pourra acquérir grâce aux clés présentes sur certaines cartes. Ou bien encore en étant le possesseur du plus grand nombre de perles en fin de partie, sans oublier sa plus longue suite de sénateurs de la même couleur répartit dans sa pyramide. Car en effet, vos cartes doivent toutes se ranger selon une pyramide inversée, la première ligne en comportant 5, et la dernière 1, de façon à arriver à un total maximum de 15.

Messieurs Cathala et Chevallier semblent ainsi avoir réussi à conserver la substantifique moelle d’Abyss, en proposant un jeu de prise de risque rapide et malin, dont on sent en une seule partie combien son équilibre semble avoir été réglé aux petits oignons. Pour preuve, en fin de partie, les scores étaient tous compris entre 32 et 40 points. Conspiracy annonce un temps de jeu de 30 minutes, cela semble plutôt adéquat, entre 20 minutes et une demi heure, une partie semble tout à fait pouvoir être pliée à 4 joueurs. Et le jeu possède indéniablement ce goût de « reviens-y », cette envie de refaire une partie derrière pour voir comment se passera la suivante, puisque selon le tirage des cartes, que ce soit les sénateurs ou bien les lieux, différents axes de marquage de point se mettront naturellement en place. J’ai retrouvé cette sensation très plaisante de tiraillement entre 2 décisions à prendre, particulièrement présent notamment dans 7 Wonders Duel, sur lequel M. Cathala avait également travaillé. C’est alors que l’on réalise que la pureté des règles permet de nous mettre face à de telles situations, en nous laissant un nombre limité de choix, sans jamais être totalement sûr que l’on prend la meilleure. Ce qui fait pour moi tout le sel et la force de ces jeux.

Alors certes, le jeu ne s’adresse certainement pas aux adeptes de contrôle absolu, puisqu’il repose en grande partie sur le hasard du tirage des cartes. Mais peut importe. Moi, cela me convient parfaitement. Ce mardi soir, je suis allé découvrir cette nouvelle proposition ludique afin de décider si j’en ferais l’acquisition à sa sortie. Je sais désormais que oui, ô combien oui. Je ne peux décemment pas passer à côté de cette création, avec une qualité d’édition aussi incroyable. On sent que tout a été pensé pour rendre sa jouabilité la plus simple et immédiate possible, grâce notamment à l’ajout de quelques jetons bien pensés, dans une petite boîte où rien n’est de trop. Je peux déjà sentir que j’aurais de nombreuses occasions de la sortir, et de l’emmener avec moi afin de la faire découvrir à mon entourage.

P.S. : si vous lisez ceci, sachez que je vous remercie d’avoir lu le cinquantième article de ce blog !

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