On se fait une toile ? Les animaux fantastiques 2

Au panthéon de la pop-culture actuelle figure depuis plusieurs années déjà l’œuvre créée par J.K. Rowling, il s’agit bien évidemment d’Harry Potter. Incontournable pour la génération juste en dessous de mon âge, probablement plus culte pour celle-ci que Star Wars ou Le Seigneur des Anneaux, l’univers des magiciens ne m’a jamais fait un tel effet. Sans doute car elle n’a pris aucune part à ma jeunesse. Et nous savons tous combien ce que nous avons connu durant l’enfance prend une place indélébile dans notre esprit, pour le restant de notre vie.

Cela ne m’a tout de même pas empêché de me pencher sur cet univers de fiction : lecteur des cinq premiers romans, j’ai ensuite vu l’intégralité des épisodes sur grand écran. Par la suite, la bande-annonce du premier film Les Animaux fantastiques a su aisément attirer mon attention, en s’intéressant cette fois-ci à des personnages adultes, et en situant son action dans le New-York de l’entre-deux-guerres.
Ce premier épisode m’avait laissé une bonne impression, notamment grâce à ses scènes dans le havre de paix des créatures magiques. Je suis donc récemment aller voir Les Crimes de Grindelwald, notamment poussé par ma mère, potterhead à sa manière et désireuse de connaître mon point de vue de non fan à son sujet. J’en profite désormais pour vous donner mon avis, dans un article qui tâchera au maximum d’éviter les divulgâchis, comme le disent nos bons amis québecois.

Toujours réalisé par David Yates, aux commandes depuis l’adaptation d’Harry Potter et l’Ordre du phénix en 2007, ce deuxième chapitre, toujours scénarisé par Rowling, quitte the Big Apple pour situer la majeure partie de son action à Paris. Le scénario tourne toujours autour de Croyance, que le sorcier criminel Grindewald cherche à rallier à sa cause.
Alors que j’avais quelques craintes à voir la ville-lumière reproduite en studio, ce fut un soulagement de découvrir notre capitale plutôt bien reproduite à l’écran. D’ailleurs, présenter le monde de la magie dans un lieu différent à chaque film me semble être l’une des meilleurs idées de cette nouvelle saga. Le plaisir que prennent les équipes à imaginer des décors en fonction de la nouvelle destination saute aux yeux. Cette fois-ci, cela se traduit par une inspiration évidente de l’architecture Belle-Époque et de l’art nouveau, particulièrement sur le bâtiment du ministère de la magie français.

Un autre bon point du film s’avère être le personnage de Grindelwald. Il parvient à se distinguer de la figure de Voldemort, en se présentant comme un méchant bien plus manipulateur. Dans une certaine mesure, celui-ci me fait penser à Moriarty, éternelle Némésis de Sherlock Holmes, bien aidé par la proximité temporelle entre les deux fictions.
Qui plus est, les motivations du principal antagoniste apparaissent presque recevables, et sont révélées dans une scène assez réussie. Nous ne sommes pas au niveau d’un Thanos dans le dernier Avenger, mais l’on s’en approche. C’est en tout cas suffisant pour donner plus d’épaisseur au personnage.

En revanche, comme certaines affiches le montrent, le film fait intervenir un grand nombre de personnages, dont plusieurs nouveaux venus. Parmi tous ceux-ci, certains n’ont qu’un rôle très mineur, quand ils ne servent pas un arc narratif n’apportant rien de plus à l’histoire globale. Cela s’explique vraisemblablement du fait que la série doit désormais se décliner sur cinq films, elle qui était initialement prévue comme une trilogie.
Conséquence : nous nous retrouvons face à un film de transition, dont l’intrigue globale n’avance guère. L’œuvre apporte constamment de nouveaux personnages à peine effleurés, tout en exposant une avalanche d’éléments et informations dont il est évident qu’ils ne sont posés qu’en prévision de la suite.

Plus largement, on en vient fatalement à interroger le sujet même de cette saga. Norbert Dragonneau et ses créatures n’en sont nullement le cœur, lorsqu’il semble plutôt que celui-ci tourne autour du passé de Dumbledore et sa relation avec Grindelwald. Là-dessus, la critique du Joueur du Grenier soulignait un détail très révélateur : sur les affiches, le sous-titre « Les crimes de Grindelwald » relègue par sa taille « Les animaux fantastiques » au second rang.
Était-ce un glissement prévu dès le départ par l’autrice qui savait pertinemment vers où elle souhaitait mener sa nouvelle saga ? En tout cas, la promesse originelle de se concentrer sur les créatures magique du Wizarding World semble avoir été mise de côté.
Car si elles sont bien présentes dans le film, elles n’en sont à aucun moment le principal enjeu. En revanche, elles sont largement utilisées comme solution facile pour permettre à Dragonneau et ses compagnons de se sortir de la plupart des situations, et plus largement faire avancer le scénario. C’est d’autant plus visible qu’elles agissent souvent spontanément, ce qui ne rend le personnage principal d’autant plus passif.

Pourtant, malgré ces soucis, cette suite réussit à rester prenante. Ce qu’elle rate sur le fond, elle le rattrape sur la forme, grâce à ses décors et la plupart de ses effets spéciaux. Sans oublier plusieurs scènes d’action efficaces, proposant de belles images de cinéma.
Ainsi, si le film ouvre de nombreuses interrogations sur son propos, au moins réussit-il à nous offrir ce que l’on attend d’un blockbuster : du grand spectacle divertissant.

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