Le jeu et moi : Carcassonne

Après une période sans article bien trop longue, il était plus que temps de se remettre à la tâche ! Si par le passé et jusqu’à récemment j’ai souvent écrit sur les jeux vidéo (mon précédent blog était présent sur un site dédié à ce milieu), ce n’est qu’une facette du joueur que je suis. Car je suis également un grand amateur de jeux de société, depuis plusieurs années déjà. Mais jusqu’à maintenant, je n’avais jamais publié d’article sur un de mes blogs à ce sujet. Aujourd’hui, cela va changer !

J’ai réfléchi au jeu que j’aborderai en premier, pensant d’abord parler d’un de ceux que j’ai apprécié ces derniers mois. Décrochez la Lune ? Tiny Epic Galaxies ? Star Realms ? Je n’exclus pas de rédiger des articles sur eux plus tard. Et puis, ces derniers jours, en consultant différents sites spécialisés, un jeu m’est apparu comme une évidence. Carcassonne. Pour beaucoup de personnes, ce jeu allemand sortit en 2001 a été le déclic qui les a propulsé dans le jeu de société moderne.

Petit retour en arrière : pour les jeunes de la fin du XXe siècle, le jeu de société se résumait généralement aux mastodontes un peu poussiéreux et aux mécaniques souvent vétustes des gros éditeurs américains de type Hasbro ou Parker Brothers : Monopoly, Trivial Pursuit, La Bonne Paye, Risk, Trivial Pursuit, etc. ou alors à des jeux électroniques un peu cheap tels le Docteur Maboul. C’était sympathique, mais sans plus. Cela sentait un peu la naphtaline et le grenier des grands parents. Bonne chance pour donner envie à ses proches de se lancer dans une partie de Monopoly interminable, où personne ne jouait selon les règles officielles et où au bout de quatre longues heures de jeu tout le monde se détestait et personne ne voyait le bout de la partie. En résumé, à l’aube de l’an 2000, les jeux de société n’étaient plus tendance. Il y avait toujours une communauté de joueurs et de créateurs, mais celle-ci demeurait plutôt dans l’ombre.

Jusqu’à ce que dans la première moitié des années 2000, de nouveaux jeux réussissent à remettre le secteur dans la lumière, ouvrant ainsi l’ère des jeux de société dits modernes, nous amenant de nos jours, où les nouvelles sorties n’ont jamais été aussi nombreuses et le succès auprès du grand public de nouveau au rendez-vous. Demandez-moi les noms de ces jeux précurseurs de ce souffle nouveau, je vous citerais alors Carcassonne, les Colons de Catane ou encore les Aventuriers du Rail. C’est donc du premier dont je vais parler ci-après.

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Pour moi aussi, Carcassonne fut un de mes premiers contacts avec ces nouveaux jeux, et le premier à prendre place dans ma ludothèque en devenir, rapidement rejoint par plusieurs extensions (et bon nombre d’autres jeux depuis). Tant d’années après mes premières parties, son principe me paraît toujours aussi génial : le plateau de jeu se construit au fur et à mesure, les joueurs ajoutant de nouvelles tuiles à celles déjà présentent en suivant des connexions logiques (une route prolonge une route, une partie de cité une autre, etc.). Au fil de la partie, un paysage se forme sous les yeux des joueurs, jamais identique aux précédents. Le plaisir n’est plus uniquement ludique, il devient même esthétique !

Alors agrandir le terrain de jeu est bien joli, mais dans quel but ? Chaque joueur possède 7 pions en bois (+1 pour le tableau des scores) qui sont depuis devenus des mascottes des jeux, répondant au petit nom de meeples (mot-valise formé de Me + People), repris depuis dans des dizaines et dizaines d’autres jeux. À son tour de jeu, le joueur procède à 2 actions : piocher une tuile pour agrandir le terrain, puis, s’il le veut/peut, ajouter un de ses meeples sur cette nouvelle tuile. L’objectif est de prendre possession d’une route, d’une cité ou encore d’une abbaye, afin de marquer des points une fois sa construction terminée. Par exemple, dès qu’un chemin arrive débouche sur ses 2 extrémités, le(s) meeple(s) présent(s) sur ce dernier rapportent 1 point par tuile le constituant à son/leurs propriétaires.

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Toute l’ingéniosité du jeu tient à 2 points de règle : un meeple posé ne peut jamais être récupéré tant que le terrain qu’il occupe n’est pas terminé, de plus, il n’est jamais possible de poser directement un meeple sur une construction déjà occupé par un autre. Cependant, rien n’interdit d’entamer une construction de même type non connectée à une première possédée par un autre joueur, et d’en prendre possession. Ainsi, plus tard dans la partie, le joueur peut espérer réunir les 2 constructions initialement séparées afin de partager les points avec l’autre propriétaire. Avec un matériel et des règles très simples, des tours de jeux très rapides, les possibilités deviennent alors vastes, et demandent toujours une prise de risque, puisque l’on ne sait jamais ce que le hasard de la pioche réservera pour la suite de la partie.

Carcassonne est un jeu d’opportunisme, où le hasard et la chance prennent une grande place en suivant ses règles officielles. Certains profils de joueur préfèrent alors toujours avoir le choix entre 3 tuiles dans leur main afin d’avoir un plus grand contrôle de la situation. Pour ma part, je pense que l’un des grands plaisirs du jeu réside justement dans le fait de ne pas savoir ce qui nous attend : vais-je pouvoir terminer ma cité devenue gigantesque pour briguer un maximum de points ? Est-ce que je réussirai à relier ma cité à celle de mon voisin ? Est-ce qu’en plaçant cette tuile à côté de cette abbaye occupée par mon rival, je l’empêcherai de la termine et récupérer son meeple ? Le jeu n’a pas une guerrière directe, toutefois, il propose un vaste champ de possibilités pour les joueurs fourbes, et oblige à s’adapter constamment.

Mais surtout, grâce à son terrain de jeu qui ne sera jamais le même, il est parfaitement adapté aux extensions. Celles-ci ajoutent chacune de nouvelles tuiles proposant de nouvelles petites mécaniques de scoring, que ce soit des marchandises dans les villes, des moutons dans les champs, ou encore des lieux de culte en rivalité avec les abbayes. On peut même trouve une princesse, un dragon ou une catapulte ! Les possibilités de combinaison entre le jeu de base et les différentes extensions sont presque infinies, selon l’humeur du jour.

Carcassonne est un jeu accessible, se prenant rapidement en main, où l’on retrouve deux principes primordiaux pour moi dans les jeux de société : ses parties sont toujours différentes, et reposent sur des règles simples sans être simplistes. Pour des joueurs plus adeptes de gros jeux au matériel complexe et aux parties de 4 heures, il paraîtra rapidement un peu léger. En ce qui me concerne, je le trouve toujours intéressant, et plus de 15 ans après sa sortie, toujours aussi moderne. Définitivement un excellent point d’entrée au monde du jeu de société, qui aura inspiré bien des petits frères.

2 réflexions sur « Le jeu et moi : Carcassonne »

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