Le jardin Albert-Kahn : dépaysement à deux pas de Paris

Cette fois-ci encore, j’ai envie de vous inviter à m’accompagner pour la présentation d’une nouvelle sortie parisienne, ou tout comme, pleine de réjouissance. Puisque c’est la belle saison, le moment est tout trouvé pour aller à la découverte du jardin Albert-Kahn, situé à Boulogne-Billancourt. Mais si, Boulogne-Billancourt, la deuxième ville la plus peuplée d’Île-de-France, nichée dans un bras de la Seine au sud-ouest de la capitale. Immédiatement accessible par les lignes 9 et 10 du métro. Cette ville est d’ailleurs connue pour le rôle qu’elle a joué dans l’architecture et l’art déco, au début du 20e siècle. C’est d’ailleurs là-bas que vous pourrez trouver le musée des années 30, dédié à ces sujets.

Mais, fidèle à mes habitudes d’écriture, je m’égare. Le jardin Albert-Kahn donc, attenant au musée départemental du même nom. Si ce dernier est actuellement en travaux, son parc a rouvert au début de l’année après sa rénovation. Il s’agit une fois encore d’un lieu que je connais de nom depuis plusieurs années, mais que je n’avais jamais eu l’occasion d’aller voir. Le lieu est particulièrement réputé pour ses jardins japonais, ce qui ne pouvait guère me laisser indifférent.

Avant de vous parler de la visite en elle-même, quelques mots sur l’homme qui a donné son nom à cet ensemble. Né en 1860 dans le Bas-Rhin au sein d’une famille de commerçants, Albert Kahn part rapidement s’installer à Paris, où il fera rapidement fortune en tant que banquier, grâce à ses compétences dans la finance. Humaniste philanthrope, mais aussi grand voyageur, il créera plusieurs fondations et bourses. En 1895, il achète un hôtel particulier situé à Boulogne, où il fera édifier le jardin de quatre hectares qui nous intéresse aujourd’hui, tel un manifeste de son idéal de dialogue entre les cultures.

En effet, le jardin se divise en plusieurs parties, assez différentes les unes des autres. En plus du jardin japonais, on y trouvera ainsi un jardin anglais, un français et son verger ainsi qu’une large portion plus sauvage, toujours constituée en différents segments, dont les deux plus notables sont la forêt bleue ainsi que la forêt vosgienne. En cette période de COVID-19, amenant un dispositif particulier, la quasi-totalité du lieu était accessible. Toutefois, un chemin balisé était mis en place afin d’assurer les précautions sanitaires. Concrètement, trois parties du parc devaient se parcourir en respectant un trajet à sens unique : le jardin anglais, par lequel s’effectue d’ailleurs l’accès, la zone japonaise, ainsi que la forêt vosgienne.

Actuellement le parcours nous emmène donc dès l’entrée découvrir le village japonais ainsi que le jardin japonais contemporain. Le premier avait été créé par M. Kahn avec l’aide d’artistes japonais dès la fin du XIXe siècle. On peut y voir quelques maisons de thé directement transportées depuis le Japon. Le spectacle est déjà charmant, mais n’est rien en comparaison de la partie contemporaine, dessinée par le paysagiste Fumiaki Takano à la fin des années 80.
Tout en dénivelés, le long de différents plans d’eau, le dépaysement s’y fait total. Que ce soit par les essences d’arbre, les ponts et autres lanternes en pierre que l’on peut y trouver, mis en perspective avec l’élément aquatique. Mention spéciale pour le tourbillon d’eau formant une spirale, motif que l’on retrouve par ailleurs parmi les différentes marques géométriques présentes à nos pieds le long du chemin, et qui ne manquent pas de nous intriguer. Ce n’est clairement pas pour rien que la zone nippone s’avère la plus célèbre du jardin : non contente d’être la plus exotique, elle est également la plus marquante. Elle invite clairement à la contemplation, afin de profiter des différents panoramas qu’elle propose.

Pour autant, le reste du parcours ne manque pas non plus d’intérêt. S’il n’y a pas grand-chose à dire sur le petit jardin à la française ainsi que la serre toujours en travaux, il n’est pas désagréable de traverse le verger, où l’on peut voir pousser différents fruits, ainsi que quelques variétés de roses à la douce fragrance. Derrière celui-ci se trouve d’ailleurs un petit espace d’exposition dédié à Albert Kahn, que je n’ai pas pris la peine de visiter. Au-delà, les parties plus sauvages du jardin nous attendent. La forêt bleue offre un joli spectacle, avec ses majestueux cèdres de l’Atlas et épicéas du Colorado. À cette période de l’année, le marais et la forêt dorée s’avèrent moins notables.
En revanche, en traversant la forêt vosgienne, on s’imagine si facilement loin de la ville, pourtant si proche de nous, à quelques dizaines de mètres derrière le mur d’enceinte. Inspirée des paysages montagneux de l’enfance de M. Kahn, ses chemins étroits entre les arbres et les nombreux rochers qui la parsèment m’ont également évoqué la forêt de Fontainebleau.
Enfin, il ne reste plus qu’à revenir sur nos pas, pour rejoindre de nouveau le jardin à l’anglaise et la sortie, l’occasion d’un passage sur un dernier pont rappelant grandement ceux présents dans les grands parcs parisiens tels que les Buttes Chaumont.

Et voilà, si l’on ne décide pas de faire une pause sur un banc, on peut faire assez largement le tour du jardin en 1 h – 1 h 30, pour une promenade des plus agréables, même dans les conditions de visite actuelles. Le seul bémol que j’ai trouvé à cette découverte était peut-être le choix, à travers ce parcours balisé, de nous faire commencer par la partie nippone. Je l’aurais mieux imaginée en tant que clou du spectacle à la fin de la visite. J’imagine toutefois aisément les raisons ayant mené les équipes à ce choix.

Reste que la découverte du jardin fut charmante. Je n’ai pas besoin d’indiquer ici quelle fut ma zone favorite, vous l’avez déjà compris. Il est certain que j’y retournerai dans le futur, lorsque le dispositif spécial COVID-19 sera derrière nous, et que les derniers aménagements du parc seront terminés. L’occasion de visiter la serre peut-être ? En tout cas, foi de chat flâneur, il serait vraiment dommage de ne pas profiter de ce petit voyage dépaysant à deux pas du centre de Paris, quand, cerise sur le gâteau, le tarif d’accès se révèle aussi modique.

Bonne visite à tous !

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