Un séjour à Milan : livré sans escalope

Cela faisait depuis le nouvel an que je n’avais pas eu l’occasion de partir à la découverte d’une nouvelle ville étrangère le temps d’un court séjour. Il y a donc quelques semaines, j’ai eu envie de comparer les prix des vols pour fin août vers différentes villes européennes, à savoir Séville, Copenhague et Milan entre autres. Vous vous en doutez, ce fut la dernière qui proposait le prix le plus avantageux. J’ai donc improvisé 3 jours seul avec moi-même dans la capitale économique de l’Italie. Je préfère d’habitude partir accompagné, afin de pouvoir partager des souvenirs à plusieurs. Mais lorsqu’une envie d’ailleurs vous prend, il n’est pas toujours facile de trouver des personnes susceptibles de vous accompagner. Ce fut donc un voyage solitaire, logé dans un dortoir de 4 personnes en auberge de jeunesse. Oui, Milan était vraiment le voyage de l’économie pour moi, mes finances n’étant pas mirobolantes ces derniers mois.

Si l’hébergement était l’un des plus mauvais qu’il me fut donné de voir lors de mes différents voyages, celui-ci était situé relativement proche du centre de Milan, au nord du quartier de Brera. Frugalité oblige, j’ai ainsi pu me permettre de traverser le cœur de la ville en long en large et en travers à pied pendant tout mon séjour. Et croyez moi, ce ne fut pas toujours une sinécure : pendant les 3 jours, la température aura toujours été d’au moins 32° l’après-midi, sous un soleil quasiment de plomb. La chasse à l’ombre était constante ! Fort heureusement, la ville dispose de fontaines à eau propre à la consommation, voilà qui fut salvateur !

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Descendu du bus qui me mena de l’aéroport Linate jusqu’aux abords de Piazza Duomo, la première vision de la ville que j’eus fut quelque peu déprimante : d’immenses bâtiments massifs et bouchant l’horizon, je doutai même que le terminus du bus était proche du Duomo. Et pourtant, 5 petites minutes de marche et me voilà sur la Piazza Duomo, le cœur battant de Milan et son plus beau joyau, soutenu par son incroyable cathédrale, toute de marbre banc vêtue et lançant ses dizaines et dizaines de flèches jusqu’au ciel. Je dois donc vous faire un constat indéniable : la ville ne dispose d’aucune cohérence dans son tissu urbain. Généralement, toutes les grandes villes sont construites sur un modèle identique : le centre contient les plus belles architectures historiques, et autour de ce centre historique gravitent différents quartiers marqueurs d’époques diverses. Avec Milan, cela ne se passe pas vraiment ainsi. Alentour de la place centrale, on peut aussi bien voir des artères relativement élégantes en allant en direction du château des Sforza que les horribles bâtiments évoqués plus haut. Cela résume assez bien l’idée de la ville. C’est un énorme patchwork. Cela explique très certainement pourquoi la ville, en dehors de sa fameuse cathédrale une réputation très flatteuse auprès du tourisme culturel. Et c’est vrai qu’à bien des endroits, la capitale lombarde est vraiment moche.

Nombre de rues semblent crier « tu sais, ici, à peu près les seules choses qui ont de l’intérêt, ce sont toutes mes enseignes de luxe ! Regarde, je ne suis pas la capitale de la mode italienne pour rien ! ». C’est sûr, ils sont tous là : Emporio Armani, Prada, Gucci, etc. Ces enseignes marquent tellement la ville de leur empreinte, qu’elles ont même créé des bars et autres librairies à leur nom et leur gloire. De toutes façons, tout cela ne me concernait en rien : je n’en avais ni les moyens ni l’intérêt pour. Je suis plutôt du genre à voyager pour découvrir les bâtiments, les principaux musées et sentir l’ambiance de la ville. Et Milan a bien des choses à offrir, pour qui sait prendre le temps de regarder. Une fois les bâtiments moches de côté, et l’absence de cohérence, on finit par remarquer la quantité d’églises diverses et les nombreux palazzos aux cours intérieurs à colonnades que l’on peut entrapercevoir à travers leur porche d’entrée.

Concernant les musées, ce n’était pas si mal non plus. Ma première visite fut celle de la pinacothèque de Brera, à deux pas de mon auberge de jeunesse. Celle-ci présente la principale collection de peinture de la ville, majoritairement italienne. Une grande partie de ses peintres classiques m’était inconnue, les artistes italiens de référence en France étant plus présents à Florence. Pour autant, beaucoup d’œuvres étaient intéressantes à découvrir. Il ne me semble pas qu’une seule d’entre elle soit vraiment célèbre, mais cela ne leur retire rien. Par ailleurs, mention spéciale à la statue de Napoléon dans la cour, en tenue antique. C’est inhabituel de le voir représenté ainsi !

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Ensuite ce fut le Château des Sforza, la principale citadelle de la ville, situé non loin du centre. Initialement simple forteresse, elle devint la résidence des ducs de Milan, puis connut l’occupation espagnole avant que ce ne fut le tour des troupes de Napoléon puis autrichiennes. Pour terminer, fin XIXème siècle, le château fut restitué à la ville, et devint l’ensemble de musée qu’il est aujourd’hui. Ah ça, Milan est passé de mains en mains au cour de son histoire…

Bon, mais la visite ? Vite, fuir le soleil de la large place centrale le plus vite possible pour se réfugier entre les murs ! Je faisais ainsi d’une pierre deux coups : parcourir l’ensemble des différents musées, tout en visitant le bâtiment. J’ai particulièrement apprécié les plafonds peints de ses nombreuses salles en rez de chaussée. D’ailleurs, l’une de ces salles est restée célèbre pour avoir été peinte par un certain Léonard de Vinci… le bougre a tout de même vécu 20 ans à Milan. Pour le coup, la fameuse salle était en travaux. Comme beaucoup de choses dans la ville en fait. Il y a des travaux partout ! Appuyés par des publicités géantes pour diverses marques de smartphone… pas vraiment de quoi participer à l’esthétique de la ville. Mais certainement un mal nécessaire pour la rendre plus présentable. Ceci étant dit, revenons à nos musées. Après avoir vu la pinacothèque de Brera, celle du château faisait pâle figure. J’ai également traversé en marche rapide les salles remplies de vaisselles et autres faïences du musée des arts décoratifs. La partie médiévale et celle consacrée aux meubles présentaient plus d’intérêt. Après tout, Milan est aussi réputée pour son design. Ils ne pouvaient donc pas rater ce point ! Enfin, c’est aussi dans le château que l’on trouve la dernière création inachevée du célèbre Michel-Ange : la Pietà Rondanini. Cette culture bénéficie même d’une salle dédiée rien qu’à elle dans une partie totalement séparée du reste du musée, excusez du peu !

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Jusque là, je n’avais pas vu de peinture moderne. Pour cela, je me suis rendu au Museo Novecento, dédié à l’art italien du XXème siècle. Inspiré des artistes parisiens du début du siècle, le pays a également connu nombre de grands peintres au siècle dernier, que le Novecento se charge de mettre en avant. Les œuvres de la première moitié du siècle, héritière des mouvements fauvistes, cubistes et impressionnistes, donnant naissance au futurisme italien sont celles que j’ai le plus appréciées.

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Voici donc les principaux musées qui ont ponctué ma visite. J’ai également fait un rapide passage par le Musée d’histoire naturelle de la ville, le plus important du nord de l’Italie cependant celui-ci était très décevant : entre sa muséographie vieillotte à coups de dioramas kitschs et ses nombreuses affiches explicatives sans traduction anglaise (exception faite de quelques cartouches sur les salles dédiées aux dinosaures), ce fut une petite déception. Heureusement que je n’eus rien à payer pour le visiter, grâce à la carte de réduction des musées municipaux.

Ok, les musées, c’est fait. Il est temps de revenir un peu au Duomo. S’il y a une visite à faire à Milan, c’est bien la cathédrale et ses terrasses ! J’adore grimper au sommet des monuments pour embrasser l’étendue urbaine du regard. Et croyez-moi, cela valait vraiment la peine de prendre un ticket d’attente dans une salle dédiée avec boutique remplie de produits dérivés du Duomo avant de faire la queue sous le soleil du mois d’août pour passer les contrôles de sécurité. Car une fois le côté Disneyland catholique mis de côté, la visite vaut le coup d’œil ! Le Duomo est tout aussi impressionnant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Sa hauteur de plafond est magistrale, et sa forêt de colonnes lorsque l’on pénètre enfin la cathédrale vous fige sur place pendant quelques minutes pour admirer. Les terrasses sont encore plus marquantes. Bien sûr, il y a la vue sur la piazza et sur les gratte-ciel ultra-modernes de la Porta Nuova au nord (on devine même les contreforts des Alpes au loin). On réalise alors à quel point Milan est étendue. Mais le clou de la visite, c’est l’architecture du bâtiment en elle-même : la perspective de ses flèches qui semble interminable, ses nombreuses statues contrastant avec la ville… un souvenir marquant !

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Visiter c’est bien, effectuer des kilomètres de marche à pied aussi, mais on finit par être épuisé. À un moment il faut penser à manger. Et puis cela fait aussi partie du plaisir du voyage. Oui mais voilà : 1. manger en Italie, cela coûte cher. 2. j’ai vite compris pourquoi les vols pour Milan étaient si peu couteux : à cette période de l’année, comme à Paris, la majorité des lieux de restaurations indépendants sont partis en congés, comme le reste de la ville. En fait, en dehors des zones les plus touristiques, Milan était vidée de son activité. Avantage : les rues n’étaient pas bondées d’embouteillage. Inconvénient : toutes les bonnes adresses que j’avais repérées étaient fermées. Bilan : un repas dans une enseigne spécialisée dans les paninis (le mien n’était pas mauvais, quoi qu’un peu petit), un risotto alla milanese dans une chaîne locale, et 2 repas au macdo. Oh, et j’ai tout de même réussi à faire un aperitivo dans un bar pas particulièrement typique, mais proposant un buffet assez garni et de bon aloi pour le prix d’un simple verre d’alcool. La bonne affaire du séjour ! Globalement, rien d’exceptionnel donc mais c’est ce qui arrive quand on voyage à petit budget au mois d’août ! Enfin, qui aurait cru que je reviendrais d’un voyage en Italie sans avoir mangé une seule pizza ?

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Au final qu’est-ce que je retiendrai de ce séjour ? La chaleur, les satanés moustiques (ouh, la piqure du moustique-tigre, mes jambes s’en souviendront longtemps), l’inondation de notre dortoir par un de mes camarades de chambrées, mais tout de même le plaisir d’avoir pu découvrir une nouvelle ville. Milan est la 3ème que je visite en Italie, après Rome et Florence 2 ans auparavant. Je ne prévois pas d’y retourner une prochaine fois, pour mieux la découvrir comme cela peut arriver après certains de mes voyages, mais je ne regrette en aucun cas d’avoir changé d’air pendant quelques jours. Et je me prends déjà à réfléchir à mes prochains voyages.

Une fois encore, j’ai pris de nombreuses photos, trop pour toutes les publier ici. Pour pouvoir les découvrir, je vous invite à vous rendre ici.

2 réflexions sur « Un séjour à Milan : livré sans escalope »

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

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