Mirror’s Edge Catalyst : Run for your life

Si vous vous intéressez aux jeux vidéo depuis quelques années déjà, vous avez probablement remarqué que bon nombre de licences nouvelles et marquantes ont vu le jour sur la précédente génération de console (PS3 – Xbox 360) : Mass Effect, Bioshock, Dead Space, Assassin’s Creed… Parmi toutes ces nouvelles licences, il y en a eu une qui m’avait fait forte impression à sa sortie en 2008 : Mirror’s Edge.

La proposition d’un jeu de parkour jouable à la première personne dans un univers futuriste épuré et coloré était inédite, et se démarquait vraiment du reste de la proposition vidéoludique d’alors. Bientôt 10 ans après la sortie de ce jeu, j’en garde un excellent souvenir, principalement pour la réussite de sa maniabilité, ainsi que son ambiance. Et pourtant, les jeux à la première personne sont loin d’être ma spécialité.

Alors quand en 2015 les premières images d’un nouveau jeu Mirror’s Edge furent enfin dévoilées sur la dernière génération de consoles, ce fut une belle surprise pour moi ! D’autant plus que, si le jeu précédent avait été encensé par la critique, son succès commercial fut bien piètre. Sa proposition étant certainement trop peu conventionnelle par rapport aux attentes du grand public. Vous pensez bien, un jeu à la première personne où l’accent est mis sur la course et les acrobaties plutôt que sur les gunfight à l’époque du Call of Duty roi ? Pour ne rien arranger, on y contrôlait un personnage féminin, inconcevable pour certains joueurs ! Mais là est un autre sujet, un autre débat.

À vrai dire, lorsque le nouveau jeu, répondant au nom de Mirror’s Edge Catalyst, sortit sur PS4 et Xbox One en juin 2016, son accueil par la presse fût vraiment tiède. Les principaux reproches qui lui furent faits concernaient la durée de vie de son scénario principal beaucoup trop faible, et le changement hasardeux de son game design, troquant une structure enchaînant les niveaux au fil d’une aventure linéaire à un monde ouvert rempli d’activités annexes de type « quêtes Fedex » peu emballantes.

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Bienvenue sur les toits de Glass, votre nouveau terrain de jeu

Difficile de se convaincre de dépenser une soixantaine d’euros dans un jeu proposant une durée de vie avoisinant les 7-8 heures, quêtes annexes redondantes mises de côté. Pour autant, et bien que Catalyst fit un sacré bide, je souhaitais toujours essayer ce jeu, me basant sur le bon souvenir de son grand frère. Grâce aux soldes, j’ai finalement pu mettre la main dessus il y a quelques jours, à un prix beaucoup plus abordable, ce qui me donne désormais l’occasion de vous donner mon avis sur celui-ci, 1 an et demi après sa sortie.

Commençons par évacuer tout de suite le sujet sensible : oui, le scénario principal ne dépasse pas les 8 heures de jeu. C’est effectivement un peu court jeune homme. Cependant, Catalyst a un mérite : grâce à son système de jeu, il nous offre une aventure sans aucun temps mort. Alors finalement, qu’est-ce que c’est, Mirror’s Edge Catalyst ? C’est tout simplement un jeu reposant sur une idée simple : courir sans jamais s’arrêter. Son gameplay est entièrement construit sur ce principe.

Première chose : sa prise en main est excellente, instantanée. Si l’on pourrait craindre que diriger un personnage doué de compétences en parkour à la première personne demande quelques temps d’adaptation, il n’en est rien. Faith (c’est ainsi que se nomme l’héroïne de la série, messagère de son état) répond au doigt et à l’œil à nos sollicitations, et il est rarissime que l’on peste contre le jeu car il ne réagit pas comme on le souhaite. J’ai même l’impression que la maniabilité est encore plus accessible que dans le premier opus. Ensuite vient la jauge de concentration : quand le personnage court suffisamment longtemps, enchaînant les mouvements sans ralentir et en toute fluidité, cette jauge se remplit. Une fois pleine, Faith est alors capable d’esquiver naturellement les tirs adverses pour se faufiler entre les gardes, et leur porter des coups bien plus puissants. Cette idée est tellement poussée que la messagère ne peut désormais plus s’emparer des armes à feu de ses adversaires, comme dans le jeu précédent. Les choix sont alors simples : éviter le combat, ou bien estourbir les gardes au corps à corps. Si le système de combat n’est pas parfait, et l’IA plutôt ratée, cette proposition a au moins le mérite de renforcer l’idée d’un game design entièrement tourné autour du parkour.

Enfin, le dernier point qui vient renforcer l’idée d’une perpétuelle course, et qui fait ciller certains joueurs, est la présence du Sens Urbain. Il s’agit d’une sorte de GPS qui indique la voie à suivre pour arriver assurément à l’objectif (sans nécessairement prendre le chemin le plus court), en montrant la direction et les éléments de décor à utiliser. Certains joueurs trouvent que son utilisation nuit au jeu, en le simplifiant à l’extrême, le rendant totalement dirigiste et supprime tout le plaisir de l’exploration, et préfèrent donc le désactiver. À cela, je répondrais que bien que Mirror’s Edge soit désormais dans un monde ouvert, il s’agit avant tout d’un jeu où l’action non stop prime. Tout est fait pour qu’on le vive de la sorte.

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Le Sens Urbain vous indique en rouge le chemin le plus court à suivre

Je ne pense pas que voir Catalyst comme un jeu d’exploration soit la meilleure façon de profiter du jeu. Au contraire, il n’est jamais aussi plaisant que lorsqu’on le parcourt à tout berzingue, essayant de garder sa concentration chargée le plus longtemps possible, virevoltant sans interruption d’un toit à un autre, d’un mur à un autre, enchaînant les pirouettes dans une sorte de maelstrom grisant. Dans ces instants, on se sent véritablement pris dans ce que l’on appelle « le flow », ce moment où l’on ne réagit qu’à l’instinct, ne semblant plus faire qu’un avec le jeu, menant un niveau de satisfaction particulièrement intense. De mon point de vue, c’est là que Catalyst brille le plus. Lorsque tout s’enchaîne parfaitement, que l’on traverse la moitié de la carte de jeu dans une fluidité totale, sans rater la moindre action, enchaînant les sauts et les courses murales, slalomant entre les ennemis. Rien que pour ses moments, le jeu vaut la peine d’être joué malgré ses défauts.

Pour peu que vous cherchiez un jeu un peu différent, dans un univers épuré, vous permettant de ne faire qu’un avec votre personnage, et que vous trouviez le jeu à petit prix, donnez lui sa chance. Votre aventure sera de courte durée, mais elle n’en sera que plus intense.

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