
Qui aurait pensé, au premier abord, que la petite boîte de Oh hisse la sosig !, proposée par Matagot et vendue à un prix aussi riquiqui, nous proposerait un petit jeu aussi amusant ? À l’intérieur, se trouvent 117 cartes, distinguées en différents types : des têtes et des corps, des ingrédients mystères, des commandes et des prix. L’enjeu consiste à créer différentes sosigs constituées chacune de deux têtes et d’au moins une partie de corps, connectées de manière logique. Pourquoi des sosigs et pas des saucisses ? Cela vient d’un même Internet, une image du chef Gordon Ramsay remaniée avec un visage stylisé, tenant une fourchette piquée d’une saucisse. En tout cas, à son tour, il suffit de piocher une carte Tête ou Corps, face visible ou cachée, pour l’ajouter orthogonalement à celles déjà présentes devant soi. Cela permet, en plus des points que chacune rapporte en soi, de remplir des commandes, pour gagner une fournée de points, et peut-être une carte Ingrédient mystère.
Ces cartes assurent tout le sel du jeu, en allant directement interagir sur le jeu adverse : il sera possible de brûler un morceau de saucisse posé, pour désactiver sa couleur et le point qu’il rapporte, voire, de rendre une sosig impossible à terminer, en mordant vigoureusement dedans, scrontch ! Vous pourrez également obtenir un ingrédient mystère en réunissant deux moitiés de symbole, présentes sur certaines cartes.

Ces différentes couleurs de cartes sont-elles seulement esthétiques ? Bien sûr que non ! Chacune propose un effet :
- gagner plus de points à partir de deux rouges dans une même sosig ;
- rejouer en connectant deux cartes jeunes d’une même sosig ;
- être protégé d’une attaque grâce à une violette (le pâté est l’ultime armure, évidemment).
En fin de partie, toute sosig constituée d’une seule carte est détruite, tandis que celles non terminées font perdre deux points. De plus, à partir de trois joueurs, ceux avec le plus de cartes vertes remportent des points supplémentaires. La carte Premier prix, un objectif commun à tous les joueurs est différent à chaque partie, permettra aussi à un joueur de gagner des points supplémentaires, quand tous les autres en perdront.

Vous l’aurez compris, ces sosigs, en plus de se tortiller dans tous les sens, sont espiègles. Le jeu se veut coquin. Il ne plaira vraisemblablement pas aux joueurs qui aiment jouer tranquillement dans leur coin. Ils risquent de mal prendre le fait de ne pas pouvoir terminer une longue saucisse préparée avec soin. C’est justement cette ambiance fourbe qui le rend plaisant, engendrant discussions et mauvaise foi autour de la table, pour inciter un adversaire à s’attaquer à autre que vous (vous êtes bien sûr trop loin de la victoire pour constituer une réelle menace), soit car votre potentielle vengeance sera terrible. Qui sait ? Peut-être bluffez-vous ? Que contient votre Ingrédient mystère face cachée ? Le jeu est jouable à partir de deux joueurs, mais il ne prend tout son intérêt qu’à partir de trois joueurs.
Finalement, le principal défaut de Sosig ! est la longueur de son installation et de son rangement, puisqu’il sera nécessaire de trier et de mélanger cinq pioches différentes. Un peu étonnant, au regard de la taille de la boîte et d’une longueur d’une partie, d’une vingtaine de minutes. En attendant, il n’en reste pas moins fort distrayant de voir ces différentes sosigs souriantes prendre vie dans tous les sens sur la table, et sans doute encore plus de brûler et de dévorer celles adverses ! De plus, gardez en tête que, malgré la taille minuscule de sa boîte, le jeu requiert un peu de place sur la table. C’est que ces saucisses aiment s’étaler !
