L’un de mes plaisirs, en tant qu’amateur de jeux vidéo, est d’explorer les démos de jeux, car j’adore découvrir de nouvelles sensations. Quelle satisfaction de voir que sur Steam, celles-ci sont revenues en force depuis environ deux ans, notamment parmi les développeurs indépendants. Aujourd’hui, j’ai décidé de vous présenter celle qui m’a le plus occupé ces derniers jours : Zoominoes. Les captures d’écran et la vidéo de présentation pouvaient laisser présager un jeu très simple et limité, avec ses tuiles d’animaux connectées les unes aux autres. En vérité, la proposition s’avère bien plus profonde et prenante, en s’appuyant sur une idée très efficace : presque toutes les tuiles proposent un pouvoir. Les possibilités sont infinies !

Reprenons les bases : l’enjeu est donc de poser des tuiles hexagonales Animaux sur les cases d’un plateau. Pour pouvoir être placée, une tuile doit avoir au moins un critère commun avec toutes celles adjacentes parmi les deux existants : même couleur (au nombre de cinq, plus l’arc-en-ciel qui fait office joker) et le même type (au nombre de trois : eau, ciel et terre). Tout comme Balatro, il sera question, à chaque manche, de dépasser le score exigé, en un nombre de tours limité. Après chaque victoire, vous pourrez obtenir un animal ou un en-cas (bonus à usage unique). De plus, les manches sont divisés en semaine. En milieu de semaines, la boutique permet d’acheter, grâce à l’argent collecté au fil des manches, de nouveaux en-cas et souvenirs (des effets permanents) pour spécialiser toujours plus son jeu. Enfin, le dernier jour de chaque semaine, un niveau spécial est proposé, avec de nouvelles contraintes, comme des cases de plateau différentes ou un malus appliqué à vos tuiles.

La démo de Zoominoes est d’ores et déjà très généreuse : 150 animaux sont disponibles, de nombreux modes de difficultés existent, un expert animalier doit être sélectionné au début de chaque partie pour bénéficier d’un set de tuiles de démarrage légèrement différent… Le contenu proposé est presque digne d’un jeu complet. Mais la véritable satisfaction du jeu vient bien du plaisir de construire son paquet de tuiles avec les animaux adaptés, pour faire exploser les compteurs de points lors de séquences jouissives. Chacun des trois types d’animaux est spécialisé dans un domaine (les cases du plateau, les couleurs de tuile, les connexions entre animaux…). Certains souvenirs, associés aux bons effets de tuiles, permettent de déclencher des effets aux pouvoirs exponentiels. Comme je l’évoquais, le plateau lui-même pourra permettre d’obtenir des avantages en posant les animaux sur les bons emplacements (point, argent ou tours supplémentaires, miroir qui dédouble la tuile posée…). Il faudra bien cela pour réussir à atteindre les scores dans les niveaux les plus avancés, qui mettent la barre très haut rapidement.

Ce plaisir grisant est en même temps couplé à une ambiance très cosy, grâce aux mignonnes illustrations animalières (même si certains animaux proposent un design qui tranche un peu trop radicalement avec le reste). Les musiques, parfois très jazzy, contribuent également parfaitement à cette atmosphère. Autre petit détail qui contribue à l’ambiance ravissante : chaque animal posé s’accompagne d’un cri idoine, particulièrement satisfaisant à entendre.

Zoominoes s’appuie sur plusieurs années de deckbuilding – il sera ainsi particulièrement important d’éliminer de son paquet de tuiles les éléments les moins intéressants afin d’optimiser son efficacité) et rogue-lite pour proposer une nouvelle variante du genre, dans une recette qui peut à la fois s’adresser aux joueurs occasionnels ou aux complétionnistes acharnés qui chercheront à terminer chaque niveau de difficulté. Une excellente pioche, qui donne aisément envie de relancer une partie, malgré la défaite ; comme un certain Balatro avant lui, dont il est clairement un disciple fort inspiré. La démo présente encore quelques petits soucis, avec quelques textes d’effet parfois inversés entre deux tuiles, ou certains textes encore en anglais dans la version française, mais rien de rédhibitoire. Une sortie à suivre de très près donc, en espérant que la version complète surprendra avec toujours plus de contenu. Chapeau bas aux développeurs !
