Soulstone Survivors : la survie du toujours plus

Ce blog a pris la poussière, les toiles d’araignées se sont accumulées. Ces dernières années, je n’ai guère été actif dessus. Quoi, à peine, un, deux articles en trois ans ? Il se trouve que j’ai désormais plus de temps libre devant moi. Je vais donc essayer d’y remédier. Pour reprendre le rythme doucement, j’ai décidé aujourd’hui de mettre en avant un petit jeu indépendant très arcade : Soulstone Survivors. Comme le nom l’indique, le jeu suit le sillage ouvert par Vampire Survivors, qui a entraîné derrière lui l’avènement d’un nouveau type de jeu très arcade, sorte de petit frère hyper actif des idle games et autres jeux incrémentaux de type Cookie Clicker. Alors, avant de parler plus spécifiquement de Soulstone Survivors, il serait bon de présenter ce nouveau genre du Survivors, qui a explosé sur la scène indépendante ces deux dernières années.

Les rescapés du Survivors

Ne vous fiez pas à ce nom, il n’est ici absolument pas question d’un jeu de survie à la ARK ou autre The Forest, bien que cet autre genre soit également très en vogue en cette année 2024. Ici, vous trouverez du gameplay minimaliste, poussé à sa plus grande quintessence arcade : le but consiste à survivre à différentes vagues ennemies, toujours plus agressives, sur un temps plus ou moins long (ainsi, une partie de base de Vampire Survivors dure basiquement trente minutes, quand une partie courante de Soulstone se situe autour de dix/quinze minutes). Pour cela, le joueur n’aura que trois tâches : se déplacer pour esquiver les hordes et attaques ennemies, ramasser des jetons d’expérience, et gérer le développement (le build) de son personnage. Oh, j’ai oublié de préciser un point des plus importants : point ne sera besoin de faire preuve de grande dextérité pour viser les adversaires ou jongler entre ses différences compétences ; en effet, toutes les attaques se déclenchent automatiquement. Autrement dit : laissez le cerveau reptilien prendre le dessus, et contentez-vous d’esquiver comme jamais.

Vous pourriez vous demander l’intérêt d’une jouabilité aussi minimaliste, à juste titre. Mais elle tient à deux éléments : le sentiment de montée en puissance constante, ainsi que la récompense perpétuelle du joueur. A chaque niveau, ce dernier aura la possibilité de choisir entre plusieurs améliorations (généralement trois différentes), tirées plus ou moins aléatoirement, entre nouvelle attaque ou amélioration passive. A charge au joueur, à partir de cela, de monter le meilleur build possible pour son personnage. Si jamais se trouvait parmi vous un lecteur assidu de mon blog, il saurait sans doute que je suis un fervent amateur de rogue lite. À dire vrai, le genre Survivors en est également un cousin. Dans les deux cas, la mort est définitive, et chaque nouvelle partie sera différente. Toutefois, la montée en puissance de ses personnages sera toujours présente, puisque certaines ressources collectées permettront d’améliorer les statistiques de base avant même de démarrer une nouvelle session.

Et ça fait pif, pas, pouf !

Mais revenons à nos pierres d’âme (aucun rapport avec Diablo) : parlons plus précisément de Soulstone Survivors. La première chose qui saute aux yeux quand on le compare à son fameux prédécesseur tout de pixel art rétro vêtu, c’est son style en 3D, avec ses gros polygones non texturés. À chacun de décider s’il accepte ce concept artistique. Dans tous les cas, celui-ci a le mérite de le distinguer de la plupart de ses concurrents. Je profite toutefois de l’évocation des atours du jeu pour souligner dès à présent un défaut mineur : ses pistes musicales sont tout à fait oubliables, pour ne pas dire parfois irritantes. Je ne serais pas surpris si certains joueurs décidaient simplement d’y couper court. Dommage.

En revanche, ce qui fait la force du jeu, c’est la générosité de son contenu. Bien qu’il soit toujours en accès anticipé, ses possibilités sont déjà assez étourdissantes. Pour vous donner une idée, plus d’une centaine de sorts sont d’ores et déjà disponibles, répartis entre différents personnages, dont un grand nombre seront évidemment à débloquer, au détour de quelques objectifs de jeu. Attardons-nous un peu sur ces compétences : celles-ci sont liées à différents mots-clés, ce qui permet de les distinguer entre attaques physiques, élémentales, d’estoc, chaotiques, empoisonnées, de zone, etc. Ceci permet l’une des plus grandes idées du titre : les synergies. Au début de chaque partie, vous n’aurez que la compétence de base de votre personnage. Puis, dès les premiers gains de niveau, vous aurez la possibilité de choisir entre différentes attaques. Un excellent moyen de guider son choix sera de voir les synergies créées entre celles déjà acquises et les nouvelles. Cela aura des effets détonants lorsque vous acquerrez par la suite de nouvelles récompenses passives. Certaines ne concerneront qu’une compétence particulière, quand d’autres affecteront toutes celles liées à tel ou tel mot-clé. Rien n’est plus satisfaisant que de voir une amélioration donner un immense boost à l’ensemble de ses attaques.

L’autre qualité de ce système de mots-clés est qu’il incite à multiplier les parties, pour tenter des combinaisons différentes. Bien sûr, dans les faits, ces combinaisons ne sont pas si infinies que cela, ne serait-ce que parce que de base, chaque personnage a accès à un pool plutôt précis. Sans oublier le fait que les attaques sont souvent des variations liées à des éléments et bonus/malus différents. Pour autant, ne boudons pas notre plaisir : cette idée de gameplay apporte déjà plus de rejouabilité que la plupart de ses concurrents. De manière plus générale, Soulstone Survivors est un titre assez dynamique, grâce à ses ennemis d’une grande variété, dont un vaste nombre, hormis les plus faibles, auront des attaques nettement identifiées à l’écran qu’il conviendra d’esquiver.

Mes yeeeuuux !

Attention, le mieux est l’ennemi du bien, et ce phénomène se vérifie en l’occurrence. Comme je le disais précédemment, une partie de base durera environ un quart d’heure. Pour autant, une fois celle-ci terminé, le titre vous offre le choix de mettre fin à votre session, ou bien de continuer cette aventure dans l’un des deux modes annexes, allant toujours plus loin dans la montée en puissance de votre personnage et les statistiques de vos ennemis. Ainsi, il arrivera bien souvent qu’à force d’augmenter les attributs de vos attaques, que ce soit leur rayon ou leur fréquence, la quantité d’effet à l’écran devienne tellement explosive que vous ne serez même plus en mesure de voir l’identification des attaques adverses afin de les éviter. Comme le genre nous incite constamment à améliorer nos statistiques agressives plutôt que défensives, la mort peut ainsi attendre au détour du chemin, cachée derrière les effets multicolores de vos différents sorts. Ce n’est pas un drame en soi – il est aisé de redémarrer une nouvelle partie et retrouver ce plaisir de montée en puissance. Pour autant, impossible de passer sous silence ce principal défaut.

Aussi, pour éviter ce souci, deux solutions s’offre à vous. Vous pouvez vous contenter seulement du mode de base. Ou bien, si jamais vous voulez vous rendre le plus loin possible dans une run, je vous conseillerez de choisir des compétences dont les couleurs ne masqueront pas le marquage en rouge des attaques adverses, ou bien, ne veiller à ne pas trop faire grandir le rayon de vos sorts. Ce qui sera un peu contre-nature, puisque tout vous incitera à faire en sorte que vos coups sortent le plus souvent possible, répétés le plus de fois possible, sur une zone la plus étendue possible. Mais sachez à quoi vous attendre. Évidemment, Soulstone Survivors porte en lui une certaine répétitivité intrinsèque, et comment saurait-il en être autrement ? La jouabilité est toujours la même et aucun scénario ne viendra maintenir votre intérêt. Heureusement, le contenu gargantuesque du titre pourra faire revenir rapidement les joueurs adeptes de la complétion. Les personnages se débloquent en relançant les différents niveaux dans des modes de difficultés plus élevés, apportant de nombreux malus au choix du joueur afin de moduler son expérience – et les statistiques. Un immense arbre de compétence est également disponible en dehors des sessions, afin d’améliorer globalement ses personnages – indispensable pour progresser dans les difficultés avancées –, puis à terme, plus spécifiquement chaque classe disponible – apportant alors une nouvelle petite variante propre à chacune. Malheureusement, il sera souvent nécessaire de répéter plusieurs sessions un peu sottement afin de pouvoir le maximiser : le jeu a fait le choix de multiplier les ressources, des plus courantes aux plus rares, pour aller aux tréfonds de cet arbre. Ces ressources serviront également auprès du forgeron, afin de débloquer de nouvelles armes, propre à chaque personnage jouable, exigeant là encore des ressources de plus en plus rares. En plus d’une variation esthétique, vous aurez alors accès de nouvelles compétences liées. Enfin, évoquons les runes, qui se débloqueront et fur et à mesure de vos prouesses : vous pourrez en lier différentes à chacune des classes, afin de personnaliser toujours plus votre expérience de jeu selon vos désirs (et la sacro-sainte recherche du développement de personnage parfait pour faire face à des défis toujours plus durs).

Il m’en reste un peu, je vous le mets aussi ?

En résumé, si l’on arrive à accepter sa répétitivité intrinsèque, et son aspect brouillon au fur et à mesure que les parties durent, Soulstone Survivors est un titre d’une grande générosité, impossible de blâmer l’équipe de développement à ce sujet. Celle-ci propose d’ailleurs un travail remarquable, en proposant à intervalle fort régulier de nouvelles mises à jour, apportant toujours plus de contenu. Bref, un titre parfait pour des petites sessions de jeu sans aucune prise de tête, à simplement voir son personnage constamment monter en puissance et perpétrer des hécatombes. Parfois, nous n’avons besoin de rien de plus.

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