Exposition Bande dessinée 1964 – 2024 : gloire au neuvième art

Cet été à Paris, alors que la ville vibrait au rythme des Jeux Olympiques, certains musées ont choisi de s’éloigner de la thématique sportive. Le Centre Pompidou, en particulier, a opté pour une célébration du neuvième art avec un cycle de quatre expositions dédiées à la bande dessinée, « La BD à tous les étages ». Le point d’orgue, l’exposition « Bande dessinée 1964 – 2024 », constitue une véritable ode à cet art graphique sous toutes ses formes.

L’exposition, que j’ai eu le plaisir de visiter cette semaine, s’étend sur plusieurs salles, chacune abordant une thématique différente. Ce qui frappe d’emblée, c’est la diversité des œuvres présentées. La bande dessinée y est représentée dans toute sa richesse, que ce soit à travers la BD européenne, les mangas ou bien les comics. Figuraient même des planches sud-américaines.

Une place importante est accordée à la production indépendante, notamment dans les années 60 et 70, lorsque la bande dessinée était un large vecteur de la contre-culture (nous sommes ainsi accueillis dans l’exposition avec des couvertures du magazine Hara-Kiri par exemple).

L’un des points forts de l’exposition est la présentation de nombreuses planches originales. Ces œuvres, exposées avant leur mise en couleur pour publication, permettent d’apprécier pleinement le talent des dessinateurs. C’est une occasion unique de découvrir le processus créatif dans toute sa splendeur, voir la finesse des traits, le travail sur le remplissage des phylactères, etc.

L’exposition couvre un large éventail de thématiques, reflétant la diversité du médium : la contre-culture, l’humour, l’horreur, la science-fiction, le récit historique, les rêves, le récit autobiographique, les petites choses de la vie… Un choix intéressant, qui permet ainsi d’échapper au classique parcours chronologique. Cette variété permet à chaque visiteur de trouver des œuvres qui résonnent avec ses intérêts personnels.

L’exposition met en avant aussi bien des auteurs célèbres que des créateurs moins connus. Sont ainsi exposés certaines créations de grands noms comme Albert Uderzo, Morris, Moebius, Osamu Tezuka, Art Spiegelman, Philippe Druillet…

Cette juxtaposition permet de confronter différents styles graphiques et narratifs, offrant une vision riche et contrastée de l’art de la bande dessinée.

Au-delà des œuvres franco-belges, américaine et japonaise, l’exposition accorde également une place à la création italienne et sud-américaine, soulignant la dimension véritablement internationale de cet art. L’Italie a d’ailleurs joué un rôle important dans l’art de la contre-culture dès les années 60, et nous a laissé quelques noms connus, ainsi, qui n’a jamais entendu parler de Barbarella ?

Pour tout passionné de bande dessinée, l’exposition offre des moments d’émotion pure. Voir une planche originale d’Astérix ou de Calvin & Hobbes est une expérience émouvante pour tout amateur. Et attendez de voir celles, gigantesques, de Druillet !

À travers cette belle déambulation, on peut réaliser toutes les possibilités du neuvième art : l’exploration infinie des possibilités graphiques, la capacité à véhiculer des émotions variées, la narration riche et élaborée…

Finalement, mon seul petit regret serait peut-être l’absence de zoom sur la dimension technique de la création d’un album ou d’un magazine, en dehors de quelques indications dans certains cartons explicatifs. Je me dois tout de même de préciser que je me suis principalement concentré sur l’examen des différentes planches, quand certains enregistrements audio ou vidéo de créateurs étaient disponibles.

À la sortie de l’exposition, dans la boutique, une belle sélection des premiers volumes d’une grande partie des œuvres mises en avant est disponible à l’achat dans les rayons. L’occasion peut-être de se plonger immédiatement dans la découverte d’un auteur ou d’un titre qui aura pu marquer lors de sa visite ! Pour ma part, j’ai toujours éprouvé une certaine fascination pour la science-fiction française des années 70 – 80, et songe sérieusement à me pencher enfin sur des œuvres telles que Lone Sloane de Philippe Druillet, Les Cités obscures, de Benoît Peeters et François Schuiten, ou bien Arzach de Moebius (aka Jean Giraud).

« Bande dessinée 1964 – 2024 » au Centre Pompidou, jusqu’au 4 novembre 2024, est une exposition incontournable pour tous les amateurs de BD, mais aussi pour les curieux souhaitant découvrir la richesse de cet art. Elle offre un voyage fascinant à travers les multiples facettes de six décennies de neuvième art, prouvant, s’il en était besoin, la place importante que celui-ci occupe dans notre paysage culturel.

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