No Man’s Sky : contempler l’immensité de l’espace

L’espace… l’infini des possibles et l’inconnu devant soi, souvent qualifié d’ultime frontière. Une source d’histoires sans fin. J’ai toujours été grand amateur de science-fiction, ce mélange entre appel vers l’avenir et reflet de notre présent monde, de ses travers et idéologies. Un exemple fort concret : l’un des meilleurs souvenirs de ma vie de joueurs – qui a commencé voilà maintenant plus de trente ans – fut la formidable trilogie de jeu de rôle/action Mass Effect, parue entre 2007 et 2012, dont je reparlerai peut-être un jour.

À ses côtés, cependant, il existe un autre titre que j’ai aujourd’hui envie d’aborder à l’occasion de la dernière de ses nombreuses mises à jour : No Man’s Sky. Un jeu réalisé par une petite équipe pleine d’ambition et de passion, Hello Games. Je n’ai sans doute pas une immense quantité d’heures au compteur de ces aventures spatiales très libres, pour autant, j’ai toujours suivi cette œuvre de loin. J’étais déjà présent en 2016, quand elle venait de paraître sur PlayStation 4 et avait déçu un grand nombre de joueurs. Le titre avait alors été victime d’une campagne marketing quelque peu mensongère, poussée par le soutien de Sony qui voyait alors en lui un gros titre pour ce qui n’était alors qu’un projet, quoiqu’ambitieux, conçu par un petit studio indépendant britannique. La bande-annonce de présentation du jeu nous montrait une aventure spatiale coopérative mystérieuse et enchanteresse.

À la sortie, point de multijoueur, l’aspect solitaire étant largement mis en avant dans la prémisse scénaristique même. Pourtant, dès la parution de No Man’s Sky, les bases de ce grand jeu procédural d’aventure spatiale étaient déjà bien présentes, derrière ses nombreux défauts. La jouabilité était répétitive et limitée sur le plan de la narration. Côté graphismes, le résultat était loin d’être mirifique sur PlayStation 4 slim : la distance d’affichage était réduite et de nombreuses textures assez pauvres. Néanmoins, la sensation de liberté propre à No Man’s Sky était déjà présente. Il était déjà grisant de se déplacer en temps réel d’une planète à une autre d’un bout à l’autre d’un système solaire grâce à son vaisseau et s’étourdir face à l’immensité de chaque astre. Ainsi pouvait-on fouiller plus ou moins (plutôt moins que plus face à l’ampleur de la tâche) intégralement un système avant de passer à un suivant d’un simple hypersaut spatial, avec comme objectif alors de peut-être rejoindre le centre de l’univers. Bonne chance pour cela, car ici, comme en dehors du jeu, l’univers est vaste : 255 galaxies pour 2,2 billions de systèmes stellaires, chacun composé d’un petit nombre de planètes et lunes. Autrement dit, le travail collectif de l’ensemble des millions de joueurs de No Man’s Sky ne leur permettra jamais de découvrir l’ensemble de ces astres, tant ces chiffres sont étourdissants. Je trouve une certaine poésie à cela : était-ce utile d’offrir un terrain de jeu aussi vaste ? Probablement pas, mais No Man’s Sky touche ici du doigt l’immensité de l’univers réel, et je trouve cela beau.

Pour revenir à des considérations plus terres à terres, à sa sortie, les lourdeurs du jeu n’incitaient pas à y rester longtemps : le crafting occupait déjà une place très importante du jeu, alors que l’interface offrait alors peu de confort pour gérer tout cela aisément. Un miracle comme on en voit rarement dans l’industrie vidéoludique s’est alors produit : les développeurs d’Hello Games ont alors redoublé d’efforts pour mettre à jour le jeu et proposer du nouveau contenu ; ainsi, ce sont désormais plus de vingt mises à jour majeurs qui ont été déployées, améliorant constamment leur titre, bien au-delà de leur promesse initiale. Trois-quatre années après sa sortie, j’avais donc décidé de relancer le titre, les différences étaient déjà largement visibles : le jeu multijoueur était enfin en place, et la narration intégralement revue et complétée. Cependant, les créateurs, à l’écoute des attentes de leurs joueurs, avaient fait le choix de pousser largement les moteurs en direction de l’aspect coopératif et du housing (la gestion de sa base), des pans de jeu qui m’intéressaient moins. Ce qui m’intéressait était avant tout la partie exploration et découverte de cet univers, n’ayant jamais eu un intérêt très marqué pour le crafting.

Ainsi suivais-je toujours de loin les mises à jour de No Man’s Sky, épaté par les ajouts perpétuels et le travail exceptionnel de ses créateurs, un cas d’école. Un exemple souvent cité, à juste titre. Précisons que l’ensemble de ses mises à jour majeures ont toujours été déployées gratuitement : aucune extension payante, aucune microtransaction n’existe, chose rare dans le paysage vidéoludique actuel. Ne doutons pas que cet état de fait joue largement dans la bonne réputation que le titre a réussi à se forger auprès de la communauté, après des débuts fort malmenés.

Enfin, il y a quelques jours, l’annonce du dernier patch en date est diffusée sur différents sites dédiés. Celle-ci vise à améliorer l’expérience graphique et l’immersion sur les différentes planètes, en améliorant l’eau, les nuages, et en ajoutant de nouvelles espèces, de nouveaux biomes et événements météorologiques. Apprenant cela, mon envie d’exploration spatiale était de retour, d’autant que le titre figure désormais dans le Game Pass, parfait pour pouvoir le relancer sur ma console actuelle, la Xbox series X.

Je suis donc reparti de zéro dans les cieux et sur les terres de No Man’s Sky, et l’expérience m’a vraiment happée cette fois. Commençons par le plus évident : tout en étant largement procédural, le jeu est à présent magnifique, d’autant plus que les développeurs ont fait le choix de remplacer la vue initiale à la première personne par une vue à la troisième personne par défaut. Combien de fois me suis-je arrêté pour profiter du panorama et du tableau qui s’offrait à moi ? Les captures d’écran fusent. Si le fond reste le même, se reposant massivement sur le crafting, mon regard a changé rapidement sur le jeu, afin de se calibrer sur mon aspiration initiale : No Man’s Sky est un jeu contemplatif, il ne vous presse pas, il se savoure à travers ses paysages et ses découvertes. Bien sûr, il s’agit toujours de ramasser constamment des ressources, nécessaires pour pouvoir se déplacer / progresser facilement dans les trames scénaristiques. Mais ce n’est pas grave, car, pour les esprits curieux, le titre offre toujours un nouveau point d’intérêt pour garder la curiosité en éveil. Le jeu finira par me lasser, c’est certain. Pourtant, il est parvenu à trouver ce subtil équilibre entre être toujours pareil et toujours un peu différent, grâce aux innombrables améliorations, technologies, surprises et découvertes à effectuer. Bien sûr, les biomes ne sont pas infinis, les variétés de faune, flore et minéraux non plus. Mais en huit ans, l’équipe a largement pu les diversifier pour sans cesse vouloir découvrir la suite. Croyez-moi, la découverte d’un vers géant type Shai-Hulud ou d’une créature mi-mammifère/mi-racine est un véritable émerveillement.

Il convient également de souligner, en plus de tous les ajouts en termes de contenus, le travail effectué par l’équipe de développement sur la qualité de vie et l’interface du joueur : tous les pans du jeu les plus lourds ont été repensés, amélioré, simplifié, pour que l’expérience soit la plus simple et la plus intuitive possible. Alors que la gestion constante d’un inventaire entre exo-combinaison, vaisseau, base, etc. peuvent paraître lourdingue de prime abord, un tel travail est précieux.

J’ai lu sur Internet qu’il existait presque autant de manières de jouer à No Man’s Sky qu’il y avait de joueurs. Ce genre de phrase creuse a d’habitude tendance à me rendre méfiant, mais en l’occurrence, je crois que je suis en partie d’accord. L’expérience est ici suffisamment vaste pour qu’un grand nombre de joueurs puissent trouver matière à accrocher : que l’on souhaite se jeter dans les combats contre les pirates et sentinelles, gérer des échanges commerciaux, construire de larges bases, construire une armada spatiale, ou simplement explorer, flâner, prendre son temps et profiter des paysages, comme je le fais actuellement. J’ai toujours soutenu No Man’s Sky, pour son expérience à nulle autre pareille, malgré ses nombreux défauts alors. Désormais, plus que le soutenir, je pense même pouvoir inciter un grand nombre de joueurs à retourner dessus ou alors à le découvrir. D’ailleurs, tout arrive : après en avoir parlé à un ami, celui-ci à décider de se procurer le jeu, si bien que nous allons essayer d’y jouer ensemble bientôt. Un nouveau pan s’ouvrira alors à moi : l’expérience coopérative. J’espère qu’elle maintiendra mon intérêt pour longtemps ! À suivre ?

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